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Texte libre

Après 2 ans passés dans une grande banque de réseau, je me suis enfin décidé à rassembler mes notes et à publier ce véritable roman...
La banque de façon générale regorge de placards, de planques en tout genre et vous allez en découvrir une à travers ce blog.
Elle m'a permis de créer deux entreprises et cinq emplois en deux ans.
La société peut donc lui être quelque part "redevable" pour ces dysfonctionnements qui ont permis indirectement de créer de l'emploi !

Mais par delà la critique, il serait intéressant d'identifier la genèse de telles situations et de proposer des alternatives intelligentes pour une meilleure gestion des jeunes cadres dans le milieu bancaire.

Le nom de la banque en question reste pour l'instant anonyme... pour l'instant... :)

Payé à ne rien faire dans une banque...

Octobre 2003, proposition de poste dans une banque à Orléans.

J'ai alors 25 ans, ingénieur, diplômé d'une grande école de commerce parisienne, avec une expérience dans le conseil et plein d'espoir d'une carrière dans ce monde bancaire fascinant...

Au bout d'1 mois je me rends compte que mon chef, le Directeur Commercial des Entreprises, est le pire manager de tous les temps. Pas méchant mais bête, incompétent, incapable de comprendre les sociétés, les produits, car au fond ça ne l'intéresse pas. Il est arrivé ici par le principe français de promotion par l'ancienneté.
Au bout de 3 mois j'ai fini le travail pour lequel j'avais été embauché et je m'interroge sur ce que je vais bien pouvoir faire à présent... Mes supérieurs tentent de me rassurer en me prévoyant du travil à ne plus savoir quoi en faire... j'attends toujours...lol

Je l'ai donc créé le travail. Mais pour moi.
Je me suis occupé, en montant notamment deux sociétés.

Ce blog est le témoignage étonnant d'un passage dans une banque où il fait bon vivre, une banque riche, qui peut se permettre de payer des cadres à ne rien faire, une banque où le mot "management" signifie que l'on sait rédiger des notes, ou plûtot faire rédiger des notes par une secrétaire, une banque dans laquelle les Directeurs ne savent/veulent plus prendre la moindre initiative, la moindre décision, une banque où le mot d'ordre est "surtout pas vagues !", une banque dans laquelle des dossiers de demande de prêt pour 30 000 € sont visés par 6 personnes, une banque qui n'a pas encore découvert le sens des mots "Ressources Humaines", une banque vieillissante et qui ne voit rien venir, une banque sûre d'elle et qui ne se remettra jamais en question, une banque "pas pire que les autres" en fait, car c'est comme ça que les cadres dirigeants et directeurs de cette banque justifient leur nullité en rigolant après un repas de cadres un peu arrosé...

Mercredi 2 novembre 2005 3 02 /11 /Nov /2005 00:00

Deux ans et un jour après mon arrivée, mon Directeur de Groupe, manager parmi les managers, me convoque dans son bureau pour me faire une proposition.
A noter au passage que la proposition en question consistait en un descriptif de poste imprimé en toute hâte sur un torchon....

Mais mon Dieu, que de temps perdu... Si cette proposition m'avait été faite au bout de 4 mois de poste, je l'aurais acceptée sans hésiter. Seulement quand le poste m'a été décrit, j'ai eu un haut le coeur.
Mais pourquoi faire mariner des cadres pendant 2 ans dans un poste où il n'y a RIEN à faire ?? Pourquoi avoir attendu 2 ans avant de me proposer enfin un poste intéressant dans lequel je puisse mettre pleinement à profit mes capacités ?

Je décidais d'aller poser directement la question à mes DRH, en laissant mon Directeur de Groupe avec un flou de début de réponse évasif mais serein...

Mercredi 12 octobre, 1er rendez-vous demandé à mes DRH pour un entretien de mise au point.
Ce fut court mais intense. 30 mn.
Le message est passé. Alors forcément, je pense que ça n'a pas été apprécié qu'un jeune d'à peine 27 ans explique que leur façon de gérer les cadres, et surtout les jeunes, n'est pas bonne.

Extraits choisis de la discussion :

- Moi : "Vous m'aviez dit que vous étiez à l'écoute de vos cadres mais c'est complètement faux..."
- DRH1 : "Mais nous écoutons nos cadres !"
- Moi : "Non vous ne les écoutez pas. Pendant un an et demi je vous ai dit que ce poste ne servait à rien. Je vous ai demandé de voir s'il était possible que je prenne un poste à responsabilité et/ou avec une forte partie de salaire variable. Tout ce que vous m'avez proposé, ce sont deux postes de chargé de clientèle alors que j'ai dû vous répéter 3 fois que ça ne m'intéressait pas et que nous allions tous les deux y perdre, moi mon temps, vous votre argent..."
- DRH2 : "Ecoutez monsieur X, regardez nous avons quand même effectué bon nombre de recherches et aucune n'a abouti" (il me présente alors un torchon griffonné de dates, j'ai supposé que ça devait être leur outil de gestion)
- Moi : "Oui bien sûr, et comme par hasard, 2 ans et 1 jour après mon arrivée, comme par miracle, vous me proposez enfin un poste interessant... Vous m'excuserez mais je trouve la coïncidence un peu grosse...
"
- DRH2 : "Mais monsieur X attendez, de toute façon nous n'aurions pas pu vous le proposer au bout de 3 mois parce que regardez ce qu'il y a de marqué sur la fiche de poste (je sentais arrivé l'argument massue...) : "expérience commerciale dans le réseau souhaitée""
- Moi : "Je crois que souhaitée ne signifie pas nécessaire et puis ça veut dire que là, aujourd'hui vous estimez que j'ai une expérience commerciale dans le réseau ?? (je reste enfermé dans un bureau à faire des requêtes sur un logiciel de CRM et à faire des imports sous Excel avec des tableaux dynamiques). Vous savez pertinemment que c'est faux. En deux ans je n'ai rien appris, rien, et ce n'est clairement pas avec le chef que j'ai que j'aurais pu apprendre quoi que ce soit. Non, vous, tout ce que vous attendiez pour me proposer ce poste, c'est que j'ai fini mes deux ans, comme à l'armée. Tant qu'un cadre n'a pas fini sa période de 2,3 ou 4 ans, il n'est pas "disponible". C'est comme ça que vous gérez vos cadres. Vous ne les écoutez pas. Trop compliqué. Il y a aujourd'hui dans le réseau des postes à pourvoir spécifiques, je pense notamment aux spécialistes de commerce international. Vous préférez proposer ce poste à une jeune diplômée de 24 ans, qui vient de la clientèle de particuliers, qui n'a jamais fait de commerce international avec des entreprises... Alors que vous avez les ressources en interne et qui ne demandent que ça !!! Et après vous vous étonnez que les jeunes ne soient pas à la hauteur... Votre pic de recrutement est en 2007. Je suis curieux de voir comment ça va se passer. Mais à mon avis, ce n'est pas avec ce genre de méthode que vous allez garder vos cadres..."
- DRH2 : "Ca fait 50 ans que la maison fonctionne comme ça alors vous savez..."
- Moi : "Oui vous avez, raison, surtout ne changez rien et ne vous remettez jamais en question, on ne sait jamais..."

A suivre...

Par Gazav - Publié dans : Départ et négociation
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Mercredi 2 novembre 2005 3 02 /11 /Nov /2005 00:00
 

Les extraits ci-dessous sont rapportés tels quels sans aucune modification ou arrangement de ma part. Je me limite juste à restituer le contexte au préalable lorsque celà semble nécessaire à une meilleure appréciation de la citation.

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Je tiens tout de suite à préciser que l'anecdote suivante est bien réelle et qu'elle n'est pas le fruit de mon imagination. La situation pourra vous paraître irréelle tant elle semble inconcevable. Mais je vous garantis qu'elle s'est bien passée...

Quand un nouveau Directeur prend ses fonctions, il est d'usage que les promoteurs présentent leurs plus gros clients au Directeur arrivant.
C'est ce qui est donc arrivé à LP, notre Responsable commercial... Il devait présenter à Bobby un de ses plus gros clients, plusieurs millions de chiffre d'affaires, trés bonne rentabilité, le client en or qui pèse et qui rapporte...
Avant d'aller déjeuner avec le client, rapide briefing, LP explique l'acticité de la société, le secteur, et rappelle l'historique de la société : société familiale, créée par le grand père, décédé depuis, repris par le père, disparu dans un accident de voiture alors que les enfants avaient à peine 18 ans. La société va mal, elle se fait racheter et, quelque temps après, les enfants et leur mère décident de racheter à leur tour la société afin de préserver le patrimoine familial. C'est un succès, l'entreprise repart à flot pour devenir ce qu'elle aujourd'hui, un Groupe solide, rentable et en pleine expansion.

 

L'heure du déjeuner arrive. Les deux frères dirigeants sont venus ensemble. Les présentations sont faites et la conversation s'engage avec les clients.
Bobby les interroge sur l'historique de la société et les deux frères lui expliquent de nouveau leur épopée.

"Vous savez ce qu'on dit nous les banquiers sur les entreprises familiales ? On dit qu'il y a 3 générations. Il y a la 1ere génération, celle qu'on appelle la générations des aigles : c'est celle du fondaeur, un homme d'envergure, du charisme, un visionnaire, un homme qui voyait loin. Puis il y a la génération des faucons, celle de ses enfants, qui reprennent la société, moins d'envergure, moins de dynamise, moins de perspectives de développement, ils vont survivre la société. Et puis la 3e génération, celle des vrai cons."

Lourd, long, interminable silence.

Et Bobby de rajouter :

" Vous avez compris... : faucons, vrais cons..."

Je tiens d'ailleurs à saluer ici le calme, l'humilité et le discernement dont ont dû faire preuve ces deux frères.
Mais la cerise sur le gâteau, c'est qu'après ce rendez-vous, Bobby a demandé à LP le plus sérieusement du monde :

" Vous croyez qu'ils ont compris ma blague...? "

Par Gazav - Publié dans : Bobby, manager de l'année à 6 000 € nets / mois
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Jeudi 6 octobre 2005 4 06 /10 /Oct /2005 00:00

9 mois.
Voilà 9 mois que notre Marie Caroline (MC) était partie en congés maternité.
Et là, ô surprise, elle est de retour !!! "Mais... Mais personne ne nous a prévenus !!"
C'est sans doute ce que se sont dit les DRH au moment où ils ont appris son retour imminent... et vraiment imprévisible.
Il faut dire qu'entre temps son poste a été pourvu et que quelqu'un occupe donc sa place.
Mais ce n'est pas faute pourtant d'être passée et repassée demander des entretiens avec les directeurs pour savoir ce qu'elle allait faire dorénavant !

Vendredi, 18h30, coup de théâtre, les DRH se réveillent, résultat de longues discussions avec Directeurs, responsable du personnel etc.
"Nous avons trouvé la solution. Vous allez être stagiaire en back office. Pendant 3 mois. Après nous verrons..."

... MC qui, précisons le, est BAC + 5, a 29 ans et 3 ans d'expérience banquaire.

Son avenir ? Elle ne le connaît pas. Celà fait maintenant 2 mois qu'elle erre dans les services comme une âme en peine... Sera-t-elle au moins motivée pour reprendre un poste digne de ce nom quand la bise sera venue ? Surprise et chapeau pointu. La gestion à la turlutu portera ses fruits.

Mais en fait, cette gestion n'est pas si sotte. Quand on y réfléchit à deux fois, voilà le savant calcul qui a été effectué par nos chères têtes pensantes. Je suis désolé de révéler une stratégie commerciale d'un tel niveau intellectuel mais les choses m'y obligent : en faisant passer MC en tant que stagiaire au service banque pendant 3 mois, les salaires et charges sociales de cette salariée sont pris en charges intégralement par le siège à Paris. Ce qui signifie donc un salaire en moins pour notre Directeur de Groupe.
N'est ce pas splendide ? C'est ça être un bon manager. Enfin du moins pour certains.

Par Gazav - Publié dans : Une gestion des cadres originale
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Jeudi 2 décembre 2004 4 02 /12 /Déc /2004 00:00

Les extraits ci-dessous sont rapportés tels quels sans aucune modification ou arrangement de ma part. Je me limite juste à restituer le contexte au préalable lorsque celà semble nécessaire à une meilleure appréciation de la citation.

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Dès sa prise de poste à la banque, Bobby, notre Directeur Commercial Entreprises, a commencé trés fort.

La scène s'est déroulée dans son bureau. Bobby avait demandé à LP, le Responsable Commercial de venir dans son bureau.
LP prend une chaise, s'asseoit.
Silence.
En face de lui, Bobby, les mains sur le bureau, vide comme son regard.

« Vous vous demandez ce que c'est que cette bague hein ? (Alors que LP attendait tout simplement que Bobby lui explique pourquoi il voulait le voir...)

Hé bien je vais vous dire ce que c'est... En fait à l'intérieur il y a gravé les initiales de Jeanne d'Arc... parce que... vous le gardez pour vous, mais, ma femme descend de Jeanne d'Arc... »
Sans révéler le nom de la banque en question puisque je m'y suis engagé, du moins pour le moment, précisons, car il faut le préciser, pour apprécier toute la saveur de cette anecdote, que cette scène magnifique s'est déroulée à Orléans, fief de Jeanne d'Arc comme chacun le sait.

Ce qu'il y a d'étonnemment fabuleux dans le personnage, c'est qu'il est doué d'une capacité à sortir des anecdotes énormes, aussi bien en agence que les rares fois où il va en clientèle...

Par Gazav - Publié dans : Bobby, manager de l'année à 6 000 € nets / mois
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Mardi 23 novembre 2004 2 23 /11 /Nov /2004 00:00

Les extraits ci-dessous sont rapportés tels quels sans aucune modification ou arrangement de ma part. Je me limite juste à restituer le contexte au préalable lorsque celà semble nécessaire à une meilleure appréciation de la citation.

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Il faut savoir que le Groupe régional dans lequel je travaille regroupe plusieurs villes, et que dans le cadre d'un vaste programme de fusions, nous avons été amenés à intégrer un petit Groupe voisin, que nous appellerons le Groupe de Montsigra.

Bobby, suite à cette fusion qui n'a pas forcément été acceptée, non seulement en interne mais également par nos clients, part en rendez-vous clientèle avec un commercial afin de renouer contact avec les gros clients du secteur...

- Bobby : « Vous savez, depuis qu’il y a des gens qui n’ont pas voulu suivre de Montisgra, on paye des gens à rien faire… »

 - Le client :  « Ah bon ? Alors nous allons peut-être en profiter pour renégocier nos conditions qu’en pensez vous ? »

- Bobby :    

- Le commercial : ......................

Par Gazav - Publié dans : Bobby, manager de l'année à 6 000 € nets / mois
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- des managers membrés
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