La négociation de mon départ vient de prendre un nouveau virage avec les quelques mails qui ont été échangés et les conversations téléphoniques mémorables.
Illustration :
Mercredi 9 novembre, voilà 1 mois que le premier rendez-vous a eu lieu et que DRH2, chef de DRH1, devait revenir vers moi avec une première mouture...
Je prends donc mon téléphone et mon courage à deux mains, en essayant de penser à quelquechose triste comme le gâteau au chocolat que j'ai raté hier soir et qui s'est soldé par une semelle lamentable inmangeable.
Inspiration, concentration maximale, je compose le numéro de DRH2...
"Ah oui... Je n'ai pas eu le temps de vous rappeler j'étais débordé mais justement je comptais vous téléphoner ce matin"
C'est fou les coïncidences des fois...
- "Bon alors, il n'y aura pas de négociation. Donc soit vous démissionnez, soit on vous licencie au motif de l'article 56"
- "Mais vous savez que vous n'aurez jamais ma démission ?"
- "Oui hé bien on vous licenciera pour incompétence, article 56"
Ben voyons. J'imagine trés bien la scène aux Prudhomes lol
M. X, BAC + 6, licencié pour incompétence au bout de 2 ans.
Je pense que ça va tenir la route, c'est une stratégie béton.
Comme exposé dans d'autres articles, la stratégie de mes supérieurs visant à améliorer le ratio de rentabilité des fonds propres n'est pas de faire plus de plus mais bien moins de moins.
Vous trouverez dans cette rubrique de multiples exemples que vous pourrez appliquer chez vous si vous êtes gérant ou essayer de faire adopter par vos supérieurs.
Car, c'est prouvé, ça marche.
Il suffit pour s'en convaincre de suivre l'évolution du cours des grandes banques françaises...
Mais nous verrons plus tard d'où provient réellement cette rentabilité honteuse...
Dans une banque, comme dans une entreprise, pour améliorer la rentabilité des fonds propres, il faut faire plus de plus ou moins de moins... Jusque là, rien de nouveau sous le soleil.
Notre Directeur de Groupe, le chef de mon chef Bobby pour ceux qui ont reconstitué la hiérarchie ;), a trouvé la solution.
Là encore, je m'apprête à révéler une technique commerciale révolutionnaire et d'avance je remercie mon Directeur de Groupe de la bonté dont il saura faire preuve en ne me blâmant pas pour ce secret professionnel que je vais trahir honteusement.
Le raisonnement est le suivant : de toute évidence, vous êtes mauvais, vous n'êtes pas un manager et avez autant de charisme qu'un shamallow, vous déprimez vos troupes et la force commerciale de la banque s'enfonce doucement dans l'épaisse moquette et le ronronnement poussif de cette climatisation que vous auriez dû faire changer pour éviter les 29° dans les bureaux cet été mais bon tant pis ça coûte cher, autant que ce soit aux frais de votre successeur, plus qu'un an à tenir...
Vous ne ferez jamais plus de plus.
DONC, il vous faire moins de moins.
Quel est le poste de charge le plus important ? Les salaires...
Trop fort... il faut que vous ayez moins de salariés... Ca y est, on frôle le génie, la machine est en marche, attention un cost killer est né...
Donc, quand je viens vous voir pour vous demander si vous ne pouvez pas intervenir pour débloquer ma situation, conseillez moi :"Démissionnez ! Vous n'êtes pas fait pour ce métier !" (heu, au fait... quel "métier" ? lol)
Donc quand MC vient vous voir pour vous demander quel est son poste et ce que la banque attend d'elle, dites lui "Partez à la concurrence !"
Moins de personnel, moins de salaires, moins de charges, et une meilleure rentabilité.
> Attention ! Cette méthode ne marche que dans cette banque dans laquelle il y a beaucoup de salariés dont la valeur ajoutée, en l'état, frôle le 0. Ce qui ne remet pas en cause les compétences de ces personnes, mais simplement l'utilisation qui en est faite.
Leur départ n'affecte donc en rien les performances de la banque.
Au bout de 3 mois de poste, j'ai demandé à voir la Direction afin de leur faire part de mes inquiétudes et questions concernant la réelle légitimité du poste que j'occupais.
Sans compter que j'avais en plus une secrétaire, à qui d'ailleurs je tiens ici à dire un grand MERCI pour sa constante bonne humeur, ses conseils, mais aussi son soutien sans faille...
Au bout de 3 mois, la Direction a voulu être rassurante.
Au bout de 6 mois, elle a dû constater son échec : ce poste ne servait à rien.
MAIS, un poste dans une banque ça s'occupe minimum pour 2 ans.
Il fallait donc que je fasse mes 2 ans, un peu comme à l'armée en fait.
Puisque cette banque était suffisamment riche pour payer des cadres à ne rien faire, ou si peu, je décidais donc de ne pas perdre mon temps à glandouiller au bureau sur Internet ou à jouer au démineur et plutôt de créer ma première société...
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